Il est bientôt minuit (heure locale), et dans les locaux de l'Hippopotable, le
calme semble régner. Ces messieurs sont déjà rentrés chez eux depuis plusieurs heures, à l'exception de Jean Farran qui ronfle en cuvant son Dry Pale (1).
C'est l'heure où, telle une
petite souris furtive et dotée d'une poitrine avantageuse,
Josiane Cartier se faufile dans la
salle de composition ronéotypographique de ce blogue pour écrire quelques lignes qui
vous sont réservées, mesdames.
Aujourd'hui, elle a décidé de parler d'un
sujet terriblement amusant et pourtant
rarement traité par les autres journaux et blogues féminins :
le crime.
Elle a aussi décidé de terminer la bouteille de brandy cachée dans le tiroir de droite du bureau de son oncle Raymond, et de fumer les cigarillos de René Leduc, tout en lisant quelques chapitres d'un roman un peu leste prêté par Danielle Génault, mais ce sera quand elle aura terminé d'écrire ces lignes.
Avec notre partenaire commercial : Mitoufle
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| Mitoufle : mais c'est quoi, au juste ? |
Bonsoir mesdames et mesdemoiselles. C'est Josiane. Aujourd'hui, donc, il ne sera pas question de
cosmétiques, des avantages comparés du
Poplon et du Tergalux, ni de
petits plats délicats et néanmoins économiques,
à moins que ces derniers comprennent une bonne dose d'arsenic.
Voici mon nouveau dossier :
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| Pardonnez cette maquette un peu bousculée, je ne suis pas très douée avec la Ronéotypographeuse, hi, hi ! |
Oui, car le fait que les
femmes tuent n'est pas en soi une révélation. On sait que les femmes sont fréquemment
l'instrument d'Hadès depuis Méduse, Lilith et
Odette Planchin (ma camarade de l'institut Ste-Gourmette). Mais il manquait une étude exhaustive de leurs motivations, moyens et subterfuge :
la voici.
1- Pourquoi ?
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| «Pour s'amuser» n'était pas une option dans mon questionnaire. |
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Oui, l'effrayante vérité est là :
70% des femmes tuent par jalousie. Prenez garde, messieurs qui lisez ces lignes (
et qui, d'ailleur, devriez plutôt être en train de consulter un article sur le tabac ou la pêche). La moindre incartade risque de transformer votre épouse (ou maîtresse, après tout) en une
furie homicide qui n'hésitera pas à
zigouiller sa rivale - et
vous par la même occasion.
Passons sur la
légitime défense, nous y reviendrons dans le prochain paragraphe.
L'amour d'
un autre homme motive 10% des meurtrières. Voilà une
piste intéressante à explorer. Il suffirait à nos limiers et criminologues de découvrir qui est cet «
autre homme» responsable d'
un acte criminel féminin sur dix, et de le circonscrire promptement : voilà bien des assassinats qui seraient
évités.
Trois pour cent de ces dames tuent par
cupidité. Preuve que le crime ne paie pas, ou
bien peu : s'il y avait des millions de nouveaux francs à gagner en trucidant, gageons que la proportion serait bien supérieure.
Le plus intéressant, ce sont bien les
2% de «divers». C'est là qu'on trouve les motifs les plus excitants. En voici quelques uns :
- Pour essayer ce
fusil d'assaut Steyr AUG doté d'un
chargeur de 42 cartouches 5.56 NATO, «
voyons un peu ce qu'il a dans le ventre».
- Parce que ses
chaussures «
grinçaient abominablement».
- Parce que j'ai cru que c'était mon père, «
désolée, ce couloir est mal éclairé».
- Pour poser un
acte de rebellion face à la phallocratie «
et récupérer les 52 000 NF dans sa mallette».
- Par
désœuvrement.
- Parce qu'il m'avait traitée de «
gentille fille».
2- A quel âge ?
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| Cette fichue machine est impossible à régler correctement. Ah, si un homme était là. |
Constat sans appel :
c'est entre 40 et 60 ans que les femmes tuent, dans leur immense majorité. Une certaine logique est à l'œuvre : on peut supposer que les 70% qui commettent cet acte
par jalousie sont en effet aux prise avec une
plus jeune. Les 15% de meurtrières
entre 20 et 40 ans correspondent d'ailleurs exactement à la proportion de
légitime défense : ce sont celles qui parviennent à
dégainer les premières face aux épouses quadra ou quinquagénaires bafouées et furieuses.
Au delà de 60 ans, seules 3% ont encore
la force de tuer. Ou, hypothèse
plus séduisante, elles ont assez d'expérience
pour ne pas se faire prendre.
3- Comment ?
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| Odette Planchin, elle, n'a eu besoin que d'un regard pour terrasser le riche courtier en assurances. |
La seule question
vraiment utile, finalement, dans le cadre de cette rubrique qui se veut avant tout
pratique.
Le revolver
C'
est clairement l'arme de choix,
simple à utiliser,
mortel à moins de dix mètres, toujours
amusant à manier.
Mon conseil : n'écoutez pas le vendeur qui vous propose un jouet «
tellement plus féminin». Les simples 22 et 35 mm ne tuent
pas leur mari obèse dans 60% des cas. Prenez un
très gros calibre. Un magnum 45 arrête une Cadillac en marche, voilà qui rassure quand on se retrouve face à un
rougeaud égrillard de 90 kilos.
Le poison
Ne se démode pas.
Facile à utiliser et à se procurer en
droguerie, c'est l'ami de la
ménagère homicide.
Mon conseil : ayez chez vous des
rats, doryphores, caniches ou
autres parasites dont la présence vous fournira l'
alibi idéal pour la possession de produits toxiques et suspects.
Les armes blanches
Valeur sûre pour 18% des viragos.
Un bon coup de surin dans le bide, voilà qui calme sa gourgandine. La
hachette, spectaculaire, est à réserver aux femmes de
grande taille, car le coup doit être porté d'assez haut pour
fendre le
crâne du mari volage : une hachette plantée dans l'épaule ou la cage thoracique impressionne mais
n'envoie pas le coureur de jupons à la morgue.
Mon conseil : si vous optez pour le
rasoir, évitez les
modèles électriques à la mode, à moins que vous disposiez d'une pièce
bien isolée et de
beaucoup de temps.
Parmi les moyens divers, citons :
- Le
camion compacteur à ordures.
- le
missile atomique tactique (choisir un modèle
discret)
- La
hallebarde (peu adaptée à la vie d'une jeune femme moderne, mais
tellement élégante)
- Un
castor dressé pour tuer (prévoir 5 à 7 ans de training auprès d'un «
beaver-coach»)
Quel que soit votre choix, les filles, n'oubliez pas : l'important n'est ni le mobile, ni l'arme, ni l'alibi, mais la victime.
Bonne semaine à toutes !
(réclame)
(1) prononcer «Draille pèle»